Si vous possédez une yaourtière, vous avez probablement déjà succombé au plaisir de faire vos propres yaourts au lait de vache. Mais avez-vous déjà tenté l’aventure du soja ?
Pour ma part, j’ai décidé de passer au fait-maison également pour les yaourts végétaux pour différentes raisons. Tout d’abord, les yaourts que vous faites vous-mêmes permettent de réduire considérablement votre consommation de plastique. On en parle peu, mais les pots de yaourts du commerce en plastique sont difficiles à recycler, c’est pourquoi environ 80% ne seront jamais recyclés mais incinérés !
Une autre raison se situe au niveau de la texture. Je trouve souvent les yaourts au soja du commerce trop liquides. En les faisant moi-même, j’obtiens une consistance bien plus épaisse et gourmande.
Enfin, le prix de revient d’un yaourt au soja maison est d’environ 0,15 €, soit bien moins cher que les versions bio ou de marque du commerce.
Le défi de la texture : pourquoi le soja se sépare-t-il ?
C’est le problème classique : on obtient souvent un mélange avec une couche de liquide et une couche solide peu appétissante. Cela arrive souvent lorsqu’on utilise des ferments lyophilisés classiques, qui sont optimisés pour le lait de vache. C’est le cas des ferments lactiques de supermarché de type Alsa ou Vahiné.
Mon astuce : pour garantir la réussite, j’utilise deux yaourts au soja du commerce (type Sojasun) comme base car ils contiennent déjà les bonnes bactéries. Leurs ferments sont spécifiquement adaptés au soja, ce qui assure une prise parfaite et une texture homogène.
Sachez qu’il existe aussi des Beaugel spécialement adaptés au soja qu’on peut acheter sur certains sites. J’ai testé ceux de Ya’Tout Fromage et je les ai trouvés particulièrement efficaces. Voici le lien si vous souhaitez en savoir plus.
Ingrédients (pour environ 6 à 9 pots) :
- 70 cl à 1 litre de lait de soja (selon la quantité de pots souhaitée).
- 2 yaourts au soja du commerce (ils serviront de “ferments”).
- Optionnel : sucre (environ 5 g par pot), extrait de vanille ou arômes naturels.

⚠️ Attention : Ne rajoutez pas de confiture au fond des pots avant la prise, le lait caille mal avec le soja et le résultat ne sera pas satisfaisant.
Comment bien choisir le lait et les yaourts ?
Le lait
Le lait de soja idéal ne doit contenir que deux ingrédients : de l’eau et des fèves de soja (souvent appelées “jus de soja”).
Pour une version nature, choisissez impérativement un lait mentionné “Sans sucres ajoutés”. Le sucre ajouté n’aide pas forcément à la fermentation et dénature le goût du yaourt.
Fuyez les additifs et épaississants : Certains laits de soja contiennent de la gomme de guar, de la gomme xanthane ou de la carraghénane pour donner de la texture à la boisson. Ces additifs peuvent perturber le travail des ferments et donner un aspect gluant ou “filant” à vos yaourts maison.
Regardez le tableau nutritionnel. Pour une prise bien ferme, privilégiez un lait qui contient au moins 3 g à 3,5 g de protéines pour 100 ml. C’est la protéine de soja qui va coaguler pour créer la texture du yaourt.
Les yaourts
En ce qui concerne les yaourts au soja, il doit apporter les bactéries nécessaires (Lactobacillus bulgaricus et Streptococcus thermophilus) à la fermentation.
Choisissez un yaourt dont la date de péremption est la plus lointaine possible. Plus le yaourt est frais, plus les ferments sont actifs et vigoureux.
Prenez un yaourt au soja nature, sans fruits et sans sucre. Vérifiez qu’il ne contient pas d’amidon transformé ou de gélifiants (pectine, gélatine) qui pourraient fausser le résultat de votre propre fournée.
Les étapes de préparation
1. Le préchauffage de l’étuve
Pour assurer une prise rapide et homogène, commencez par allumer votre yaourtière ou votre four (en mode étuve) à 40 °C. Placez vos pots en verre vides à l’intérieur : il est mieux qu’ils soient déjà tièdes au moment où vous verserez la préparation.
2. Le mélange du lait et des ferments
Dans une casserole, déposez vos deux yaourts au soja du commerce.

Attention : secouez bien la brique avant de la verser dans la casserole car une grosse partie des résidus de soja reste au fond.
Versez progressivement la quantité de lait de soja souhaitée (entre 70 cl et 1 litre).

Utilisez un fouet pour mélanger délicatement afin de bien diluer les yaourts et obtenir un liquide parfaitement homogène.
C’est à ce moment que vous pouvez ajouter, si vous le souhaitez, du sucre ou de l’extrait de vanille.
Rappel : Évitez la confiture à cette étape, car elle empêche le lait de soja de bien cailler.
3. La montée en température
Faites chauffer le mélange à feu très doux en surveillant de près. L’objectif est d’atteindre une température de 45 °C maximum. Cette chaleur modérée permet de booster l’activité des ferments sans les tuer, garantissant ainsi une texture plus ferme que si vous utilisiez du lait froid.

4. Le remplissage des pots
À l’aide d’un entonnoir, transvasez votre mélange chaud dans les pots préalablement tiédis. Vous remarquerez qu’une petite mousse se forme à la surface : ne vous inquiétez pas, c’est tout à fait normal et cela n’altère en rien la qualité du yaourt.

5. La fermentation en yaourtière
Placez vos pots (sans leurs couvercles, selon votre modèle de machine) dans la yaourtière. Laissez incuber pendant 6 à 8 heures. La durée peut varier selon la température de votre pièce et la puissance de votre appareil. À la fin du cycle, vos yaourts doivent présenter un aspect légèrement épaissi.

6. Le repos et la prise au frais
Une fois la fermentation terminée, laissez les yaourts revenir à température ambiante avant de les fermer et de les placer au réfrigérateur. Ils vont continuer à s’épaissir au frais.

Attendez au minimum 4 heures (l’idéal étant une nuit complète) avant de les déguster pour profiter d’une onctuosité parfaite.
Pourquoi choisir du soja pour vos yaourts ?
Si vous avez des difficultés à digérer le lactose, le passage aux yaourts au soja présente de réels bénéfices pour la santé et le confort digestif.
1. Une meilleure digestion
Contrairement au lait de vache, le soja est naturellement sans lactose. Beaucoup d’adultes, sans être forcément allergiques, digèrent mal le lactose (le sucre du lait), ce qui peut provoquer des ballonnements ou une sensation de lourdeur après le repas.
En choisissant le soja, vous offrez à votre système digestif une pause : les yaourts au soja sont particulièrement légers et ne pèsent pas sur l’estomac. De plus, ils ne contiennent pas de caséine (protéine de lait de vache), qui est parfois source d’inflammations digestives.
2. Des protéines végétales de haute qualité
Le soja est l’une des rares sources végétales à proposer des protéines complètes. Cela signifie qu’il contient tous les acides aminés essentiels dont notre corps a besoin.
Un yaourt au soja apporte quasiment autant de protéines qu’un yaourt au lait de vache traditionnel (environ 3 à 4 g pour 100 g), ce qui en fait un excellent allié pour la satiété.
3. Un profil lipidique exemplaire
Si vous surveillez votre santé cardiovasculaire, le soja est un excellent choix :
- Zéro cholestérol : Comme tous les produits végétaux, il n’en contient pas.
- Peu de graisses saturées : Contrairement au lait de vache entier, le soja est riche en graisses insaturées (les “bonnes” graisses), bénéfiques pour le cœur.
- Peu de sucre : Le lait de soja nature contient très peu de glucides par rapport au lait de vache, dont le taux de sucre (lactose) est naturellement plus élevé.












